l'orientation scolaire
Question délicate s'il en est. Chaque parent rêve de voir ses enfants épanouis, exerçant une activité professionnelle stable qui leur plaît et génère des revenus confortables.
Les enfants, eux, ont d'autres utopies, pas forcément en phase avec celles des parents.
En pratique, chacun fait ce qu'il peut et renonce, temporairement ou définitivement, à certains de ses rêves.
Il n'y a pas si longtemps, les parents projetaient énormément sur leurs enfants et leur "mettaient la pression", n'arrivant pas, souvent inconsciemment, à se mettre à l'écoute de ces derniers, lesquels s'alignaient sur les désirs parentaux au risque de passer à côté de leur vie ou se révoltaient plus ou moins violemment, avec des conséquences qui pouvaient être libératrices ou destructrices.
Ce type de fonctionnement est plus marginal actuellement mais la problématique ancienne a été remplacée par une autre, moins verrouillée mais nettement plus complexe.
Beaucoup de parents, avalés par leur quotidien (travail prenant ou manque de travail, course après le temps, gestion de l'argent, du matériel, de leurs besoins propres et des demandes multiples de leurs enfants) se sentent dépassés, galèrent pour élever leurs enfants, d'autant que ceux-ci, sollicités par de nombreux pièges à Ego (portables, vêtements, loisirs ...), anesthésiés et conditionnés par la TV ou Internet à outrance, ont tendance à être dispersés, à "zapper" leur vie, subir l'école et leur orientation de manière très fataliste.
Il serait cependant réducteur d'enfermer la génération actuelle de jeunes dans ces constats.
Faisons un petit saut en arrière ...
Il y a quelques générations de cela, papa avait le même travail que grand-papa et au moins un de ses fils reprendrait le flambeau sans guère d'autre choix; maman était au foyer comme sa maman l'avait été etc. Le mariage, souvent arrangé, était pour la vie, même si le couple se vomissait. Tout le monde allait à l'église et il ne faisait pas bon se déclarer athée ou simplement critique envers la religion ou le pouvoir religieux.
L'école, après s'être démocratisée, constituait une institution que personne n'aurait eu l'idée de mettre en cause. Le travail était une autre religion, indiscutable et centre de la vie.
Pour ceux de ma génération (autour de la cinquantaine), il est possible de changer plusieurs fois de profession, de mener plusieurs activités de front, le mariage peut être remis en question (redéfinition de son contenu, voire de son existence), la croyance religieuse n'est plus une évidence et le distinguo spiritualité-religion enfin admis.
Par contre, la religion scientiste (adhésion inconditionnelle aux dogmes officiels en matière de sciences, d'économie, de santé ...) a pris le relais.
L'institution scolaire reste globalement intouchable. Le Travail est toujours central dans la vie, même si apparaissent certaines remises en cause.
La génération actuelle de jeunes, malgré ses propensions à la dispersion et les conditionnements très lourds qui pèsent sur elle en matière de scientisme ou de consommation, est plus éveillée que celle de leurs aînés à de nouvelles énergies, façons de penser et concevoir la vie.
Ainsi, le Travail comme pivot de la vie n'est plus du tout une évidence pour eux et, pour un nombre grandissant, l'institution scolaire n'est plus une référence. Il la subissent de plein fouet, comme un gavage à outrance et réagissent par rejet ou en "traînant les pieds" lors de leurs études, sans motivation motrice et au grand dam de leurs parents.
Ce phénomène risque fort de s'accélérer dans les années qui viennent et nombre d'enseignants sont déboussolés. L'enseignement pyramidal, académique et d'accumulation provisoire de connaissances passe de plus en plus mal.
Les parents actuels sont confrontés à cette réalité et se sentent fréquemment démunis pour la gérer.
En quoi puis-je vous aider, ainsi que vos enfants, si vous vous sentez en manque d'outils pour accompagner leur évolution et leur orientation ?